Ecole de la communication animale
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le Deal du moment : -40%
Vélo d’appartement FYTTER – ...
Voir le deal
150 €

histoire ou roman

Aller en bas

histoire ou roman Empty histoire ou roman

Message par Dominique Mannekens le Dim 26 Jan - 21:21

Il était un fois une reine et un roi qui vivaient heureux dans un beau château. Le roi était apprécié par son peuple parce qu’il était juste et bon mais il était souvent absent, il visitait ses terres et rendait la justice. La reine s’occupait de ses enfants, brodait et distribuait des herbes aux malades.                                                                                                 Mes parents logeaient à l’intérieur des remparts, mon père franchissait chaque jour le pont levis pour travailler dans les champs, parfois, je l’accompagnais pendant la période des moissons, la route était longue avec mes petites jambes et j’étais impressionnée par les gardes qui surveillaient le pont, leurs cuirasses étincelaient sous le soleil et leurs lances semblaient menaçantes. Je me souviens des grands pique niques partagées avec les paysans en sueur, leur chapeau de paille les protégeait de la chaleur  et ils appréciaient le vin coupé offert par le seigneur, les ballots de pailles s’amoncelaient sur la charrettes et répandaient l’odeur fraîche de la coupe. Des abeilles bourdonnaient et je me statufiais pour qu’elles ne s’intéressent plus à moi. Ma mère était lavandière, courageuse, elle transportait d’énormes baquets d’eau dans lesquelles je m’amusais à me regarder et à me faire disparaître en tapotant la surface lisse. Elle souriait mais toujours un peu triste, elle n’oubliait pas le bébé qu’elle avait perdu et enveloppait ses enfants d’une tendresse protectrice. Je suis l’enfant qui, pendant sa grossesse, a ressenti cette tristesse et cette angoisse, l’enfant qu’elle n’osait pas aimer les premiers mois de peur de me perdre aussi. J’adorais les jours du marché, les habitants des villages voisins amenaient leurs marchandises. Sur les étals, foisonnaient des tissus soyeux et des draps rêches qui attendaient la couturière pour les transformer en blouses ou jupons virevoltants ou empesées. Les conversations, les négociations, les cris des animaux créaient une cacophonie joyeuse. Le paysan traînait avec une corde le cochon rose qui ne voulait pas avancer parce qu’il devinait une issue fatale. Effrayées, les poules blanches serrées dressaient le cou hors de leur panier. J’entendais le son de la cornemuse des musiciens ambulants.  Mon coeur se gonflait et des frissons me parcouraient. Je pensais à tous ces soldats morts dans des furieuses batailles contre les français. Je partageais la douleur de la famille d’avoir perdu le fils chéri ou le père protecteur mais, soudain, une ronde me donna envie de rejoindre l’attroupement et je pus admirer le talent des danseurs vêtus avec leurs plus belles blouses propres, les couples se formaient, le sourire timide, les mains qui se frôlaient, les filles avaient serré les lacets de leur corset pour avoir une poitrine plus généreuse, je ne ressentais pas ce besoin de me mettre en valeur, timide, je préférais que mon futur bien aimé m’apprivoise et découvre mon coeur et mon âme. Parfois, je me faufilais dans la cuisine du château, les cuisinières et leurs aides s’affairaient autour de la grande table massive sur laquelle elles découpaient la viande, épluchaient les légumes, pétrissaient la pâte, dans le grand âtre étaient accrochées les marmites qui mijotaient,  L’odeur était alléchante, la cuisinière touillait la bouillie avec une grande spatule, De son bonnet blanc, s’échappaient des mèches blondes et sur son front coulaient des gouttes de sueur qu’elle essuyait rapidement avec le revers de son bras. Comme dans une peinture de Veermer, la lumière inondait la pièce sombre et créait un clair obscur. Ses éclats valorisaient le métal d’une casserole oubliée, le profil au teint pâle d’une servante. La matrone de ce petit royaume donnait, parfois, l’autorisation de lécher un plat , mon doigt raclait l’écuelle et mes papilles pétillaient de plaisir. J’avais trouvé un petit couloir qui m’emmenait sur les remparts et discrètement, je l’empruntais pour regarder la mer, le vent caressait doucement mon visage,  je fixais l’horizon et j’avais envie de franchir cette ligne pour découvrir le monde,  mon univers était étriqué et le château bien petit pour satisfaire tous mes désirs. J’avais envie d’immensité et limitée par mon environnement, je rêvais, je rêvais...Je ne me sentais pas à ma place. Une troupe d’oies sauvages traversaient le ciel sans nuages, c’était la migration. Comment pouvaient elles retrouver la route des pays accueillants pour éviter l’hiver froid? Comment puisaient elles la force de voler jusqu’à l’épuisement? Elles étaient majestueuses dans leur détermination. Elles me donnaient envie de les suivre et d’entendre le récit de leurs aventures. J’aurais aimé m’accrocher à leur plumage, et, confiante, la tête posée, écouter le battement de leur coeur et le bruissement de leurs ailes puissantes mais j’avais peur de tomber, j’imaginais ma chute, une chute interminable qui me laissait le temps de revoir mes regrets, mes espoirs. Je n’avais pas peur de mourir, je me sentais si légère pendant ce plongeon, j’avais peur d’avoir mal, toute disloquée. Je fixais l’îlot rocheux au large. Une légende racontait qu’un amoureux éconduit s’y était abrité  pour y mourir de désespoir. Pouvait on mourir d’amour? Comment une personne avait-t- elle le pouvoir de détruire et de nous rendre aveugles devant tout ce que la vie pouvait nous donner, le soleil qui nous réchauffait, l’oiseau qui chantait, le sourire d’un enfant, une nouvelle rencontre. Des heures sombres pouvaient émerger la lumière et une plus grande sérénité. Une grande tempête avait eu lieu pendant la nuit, les vagues fracassaient les rochers, les crabes ensablés se cachaient, les éclairs lézardaient le ciel  et dévoilaient un bateau en difficulté, les voiles déchirées claquaient dans le vent menaçant, l’équipage affolé, quittaient le navire qui se déchirait et sombrait peu à peu dans l’eau noire et froide. Les marins criaient, priaient et s’accrochaient aux planches qui dérivaient. Les villageois réveillés glissaient en courant sur les rochers pour les sauver, les torches dansaient dans les ténèbres, les cris d’effroi striaient la nuit.  J’ étais trempée, j’avais froid mais je voulais aider. Mes parents avaient accueilli un naufragé, âgé, hagard, la peau blanche et la barbe bien taillée. Maman pansa ses plaies avec des bandages déchirés dans un drap, l’enveloppa dans une couverture chaude pour le réchauffer et peu à peu ses tremblements avaient disparu. Elle le veilla toute la nuit et soulagea ses cauchemars avec beaucoup de douceur.  le lendemain, l’étranger encore faible la remercia encore et encore, Elle rosit devant autant de reconnaissance. Pendant sa convalescence, le survivant s’attacha à moi et nous nous promenions souvent dans les bois  en partageant ses connaissances sur la faune et la flore . Il m’apprenait à lire, à écrire et à compter heureux de combler ma curiosité. Je me sentais fière d’être son élève et qu’il partageait son savoir. l’ennui avait disparu et ma vie s’illuminait. Un jour, il acheta des pinceaux et et m’initia à la peinture. Je remplissais des carnets de dessins, les modèles me parlaient et ma main suivait. J’étais la feuille vierge, j’étais le crayon, je suis toujours surprise de voir apparaître le dessin, je remercie le ciel de me donner ce bonheur. La convalescence terminée, il devait reprendre sa route, l’idée que mon mentor m’abandonnait et me laissait reprendre ma vie monotone me désespérait, j’avais le coeur lourd mais pas de larmes. Il faut que je rassure cette petite fille qui ne pleure jamais devant les autres et qui répond toujours que tout va bien. La petite fille, que j’étais serait restée dans son village mais l’adulte que je suis devenue aurait suivi ce professeur sans crainte.

Dominique Mannekens

Messages : 38
Date d'inscription : 08/01/2020
Age : 62
Localisation : dunkerque

Revenir en haut Aller en bas

histoire ou roman Empty Re: histoire ou roman

Message par Admin le Mer 29 Jan - 0:06

Bonsoir Dominique et merci pour le partage de ton exercice. On peut y trouver beaucoup de sens, de détails visuels donc on peut te suivre aisément dans ton aventure mais je pense que tu aurais pu faire plus court et y rajouter encore plus de sens, car du coup, c'est vrai qu'il y a plein de détail mais certains auraient pu être encore plus "concrets" avec des éléments sensoriels visibles.

De plus, tu as vécu cette histoire sur la terre ferme alors qu'il avait été demandé de vivre cette expérience dans les aires ou sous l'eau.

Cela reste un récit touchant et très bien réussi, très bien Dominique Smile
Admin
Admin
Admin

Messages : 1158
Date d'inscription : 15/01/2017
Age : 47

http://com-animale.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

histoire ou roman Empty réponse à l'admin pour l'exercice n 3

Message par Dominique Mannekens le Jeu 30 Jan - 16:58

merci Karine, je n'ai pas pu décrire mon vol sur les oies parce que je ne me voyais pas prendre le risque de tomber et je suis claustro dans l'eau, je n'arrive même pas à nager avec un tuba, lol, par contre, j'étais très attirée par le château... j'essaierai de m'envoler ou nager une prochaine fois, peut être reprendre l'exercice à la fin de la formation, bonne journée

Dominique Mannekens

Messages : 38
Date d'inscription : 08/01/2020
Age : 62
Localisation : dunkerque

Revenir en haut Aller en bas

histoire ou roman Empty Re: histoire ou roman

Message par Admin le Jeu 30 Jan - 18:32

Merci pour ton retour Dominique, tu as fait du mieux que tu pouvais Smile
Admin
Admin
Admin

Messages : 1158
Date d'inscription : 15/01/2017
Age : 47

http://com-animale.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

histoire ou roman Empty Re: histoire ou roman

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum