Ecole de la communication animale
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le Deal du moment : -24%
Grosse réduction sur la TV LG OLED77CX ...
Voir le deal
3799 €

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Orlane Tabary le Dim 19 Jan - 7:38

J’ai environ 6 ans, nous avons quitté depuis peu les Yvelines pour atterrir dans un petit village de campagne dans le Maine et Loire. Je suis un peu perdue, je n’ai plus tellement de repères, je me sens comme transportée malgré moi vers l’inconnu. Et au final, c’est pas si mal ce changement ! Après avoir connu un appartement au 9 ou 12ème étage d’un immeuble de la banlieue parisienne, nous habitons maintenant une maison avec un grand jardin en pleine campagne. Je découvre, et j’adoooore ça !  cheers  

Puis, arrive ce fameux matin, mon premier jour d’école en cours d’année, je rentre en CP. C’est ma maman qui m’accompagne, jusqu’au pas de la porte d’entrée de ma nouvelle école. A la découverte de cette salle de classe, une sensation inconnue et très inconfortable m’emplie soudainement. Je ne me sens pas bien. Je ne veux pas entrer dans cette pièce toute bien rangée, cadrée. Les vieilles chaises et leurs bureaux individuels en bois les uns derrières les autres, bien alignés face au grand tableau vert sombre et à cette dame, debout, vêtue d’une jupe et d’un chemisier, qui parle. Je sens une odeur de vieux bois sortir de la classe, comme dans un grenier ou l’on trouve de vieux meubles en piteux états. Je suis triste, tellement triste et en colère, c’est très clair, je ne veux pas rester ici. Je me tourne vers ma maman, et éclate en sanglots. Elle me prend dans ses bras, je ressens une sensibilité, une gêne, je sens que ce n’est pas le comportement qu’elle souhaite de ma part.

Cette dame, ma nouvelle maîtresse, se dirige vers nous. Mes nouveaux camarades de classe sont déjà installés et ils m’observent tous. Je me cache les yeux, le visage, j’aimerai disparaître d’un coup, j’aimerai me rendre invisible et quitter cette pièce, ce moment, ce contexte. Je sens tous leurs regards braqués sur moi et je déteste ça. Ça me rend vulnérable et me fais douter de moi, de ma réaction, je me juge, m’insulte presque de me comporter ainsi. Je suis en CP maintenant. Ces phrases me reviennent en tête : tu es une grande, tu n’es plus un bébé, tu dois te comporter comme si ou comme ça, montrer l’exemple, être une « bonne » fille, gentille et obéissante. Ça me mets d’avantage en colère. Je m’agrippe à ma maman, je veux rester blottie dans ces bras, qu’elle me réconforte, ce qu’elle fit. Je continue de m’agripper, puis un peu moins, lorsque, rapidement, je comprends que je vais être obligée de rester, au fond de moi je le sais. Alors, qu’est ce qu’ils penserons de moi… Comment vais-je assumer cette réaction ensuite, une fois seule face à tous ? Je ne veux pas montrer ce côté fragile, ce moi déstabilisé, bouleverser. Je dois être forte, je suis en CP. Mais pourquoi suis-je obligée d’aller à l’école ? Pourquoi suis-je obligée de m’asseoir sur cette chaise à cette place, sans parler ni bouger, devant ce tableau sombre, dans cette pièce qui pu le vieux bois et écouter cette dame que je ne connais même pas ? Pourquoi je ne pourrai pas continuer de jouer à la maison ou dans le jardin ? Ou aller chez la nourrice avec ma petite sœur ? Quelle injustice. Une vague de chaleur me parcoure d’un coup, mon corps tout entier s’échauffe, ma colère augmente. Ça ne m’intéresse pas, je refuse !!

Je pleure, je pleure, je pleure... Je ne veux pas que ma maman me laisse ici, je veux repartir avec elle, je veux qu’elle comprenne mon désarroi, la sensation d’abandon que je suis entrain de ressentir vis à vis d’elle et qu’on m’explique pourquoi je suis obligée de rester dans cet endroit qui ne m’inspire aucune confiance ni intérêt. Je me plonge dans ses yeux et cri fort dans ma tête, très fort en espérant qu’elle entende mes pensées à travers mon regard : s’il te plaît maman ! Je ne suis pas bien du tout ici ! Ramène moi à la maison ! Je ferai tout ce que tu veux, mais ramène moi ! Je t’en supplie ! Comprends moi s’il te plaît !

Ça ne se passe pas comme cela… Elle me répète encore qu’elle doit y aller, qu’elle doit partir travailler, que je vais me faire des copin/ines, que tout va bien se passer. Elle reviendrai me chercher ce soir.
Au bout de plusieurs longues minutes et après un dernier câlin, elle me fait comprendre avec des gestes tout en douceur que je dois la lâcher. Pour moi, c’est brutal. Je finis par me détacher, douloureusement, un sentiment de rejet s’empare de moi. Je rentre dans la classe, bien malgré moi, évitant au maximum le regard de la maîtresse et des élèves. Je vais m’asseoir à mon bureau, au plus vite, à cette place que la dame me montre du doigt qui est apparemment la mienne. Je lâche mon cartable au sol, pose mes bras sur ce bureau froid et glissant qui dégage cette vieille odeur, ma tête posée dessus de façon à me cacher le visage le plus possible, je continue de pleurer à chaudes larmes. Je ne veux pas rester.

Je me sens tellement seule, je dois me débrouiller, je dois m’en sortir seule et tenir jusqu’à ce soir, mais « ce soir » ça me paraît si loin, interminable ! Je regarde du coin de l’œil ma maman et la maîtresse au loin discuter entre elles, la maîtresse la rassure. Je ressens à ce moment de la trahison. Pourquoi fait-elle confiance à cette dame qu’on ne connaît même pas ? On m’a apprit à me méfier des inconnus, pourquoi pas elle ? Pourquoi l’écoute t’elle ? Ma maman veut me faire un signe pour me dire au revoir, je ne veux pas lui montrer que je la regarde, que je suis attentive à ces moindres faits et gestes, à ses émotions qui parcourent son visage et tout son corps, que je ressens comme si je les vivais à sa place. A ce moment, je pense : tu as pris ta décision, tu me laisse, je ne te dirai pas au revoir, vas t’en. Une demi fraction de seconde suite à cette pensée, un goût amer m’envahis la bouche. La peur qu’elle m’en veuille de lui rendre les choses plus compliquées, plus difficiles, de ne pas être cette enfant « parfaite », sage, obéissante et « facile » à vivre. Je suis la grande , celle qui est « censée » montrer l’exemple à sa petite sœur de 3 ans et demi sa cadette, et en plus maintenant je suis en CP… Cette sensation de culpabilité est si forte.

Je ne la vois plus, ça y est, elle est partie. Mon ventre se crispe d’un coup.

Je reste en position sur ce foutu bureau qui pu, le bout de mes doigts caressant les petits trous et fines rayures du bois faites au fil du temps, le nez presque collé dessus, mon front fortement appuyé sur le dessus de mes mains, mes bras recouvrant à moitié mes oreilles, je sens mon souffle chaud rebondir sur mon visage, assise sur cette chaise inconfortable, mes pieds touchant à peine le sol, j’ai mal à la tête, au ventre, je continue de pleurer. Je ne veux pas rester.
J’entends au loin, comme dans un autre monde, la maîtresse dicter son enseignement. Je veux trouver un moyen de m’extirper de là, je ne lâcherai pas. Ma maman est partie, elle m’a laissé ici. Je sais bien qu’il fallait qu’elle s’en aille travailler, qu’elle ne pouvait pas m’emmener avec elle, ni même me laisser seule à la maison. Mais je ne peux pas m’empêcher de lui en vouloir, TELLEMENT !!!! Je ne connais pas cette dame ni les autres enfants, je ne veux pas les connaître, NON. Je me sentais bien dans cette nouvelle maison, dans ma nouvelle chambre, dans ce jardin, avec toutes ces petites bêtes à découvrir, ces vaches au bout de la rue, ce chat qui passe devant la maison de temps à autre, cette nature incroyable accessible au pas de ma porte et mes voisins avec qui je jouai dans le chemin en face. Une liberté à laquelle j’ai goûté quelque temps et qui m’est tout d’un coup retirée sans raison apparente ! Je ne veux pas rester enfermée dans cette classe, assise par obligation. Je n’écouterai pas, je ne parlerai pas, laissez-moi tranquille, oubliez-moi, ne me regardez pas, faites comme si je n’étais pas là, comme si je n’existai pas ; ce sont les pensées qui m’accaparent l’esprit, couplées de mon regard le plus sombre à qui oserai m’observer ne serai-ce qu’une seconde. Je suis en colère, j’en veux à ma maman, à cette dame, au autres enfants, à tous, et je veux le faire savoir. Je ne bougerai pas d’ici avant ce soir. Mes poings se serrent, je sens des fourmillements remonter dans mes bras, parcourir mon visage mouillé de larmes qui me chatouillent en glissant sur mes joues, je les essuie brutalement, peu importe si je me fais mal, je veux que l’on ressente cette colère et tristesse qui me ronge. Au bout d’un certain temps, je ne saurai dire précisément, une sensation de fatigue commence à m’envahir. Mes yeux me piquent, j’ai le nez qui coule, ma lèvre inférieure est tombante, je sens un relâchement qui parcoure tout mon corps, je continue de serrer mes poings, je ne lâcherai pas. Les minutes passent, je m’endors presque par moment, je ne lâcherai pas.

Qu’est ce que ressent mon cœur :

Comme un gros pic qui vient de l’entraver profondément. Une compression, un essorage express douloureux. Un profond et fort sentiment d’abandon, de rejet, d’humiliation, de trahison et d’injustice. Beaucoup de tristesse et de solitude. Une grande peur de ne pas correspondre aux attentes de mes parents, de décevoir les personnes qui me sont cher. Énormément de culpabilité. Je ressens comme une « nouvelle ère », la fin de quelque chose et le début d’une autre. La découverte d’une force intérieure grandissante en moi au cours et à la suite de ces événements.






Ça n’a pas été évident de replonger dans ce souvenir, c’est pourtant le premier qui m’est venu à l’esprit. En revivant ces événements passés, j’ai ressenti une forte douleur musculaire au niveau du milieu de mon dos, côté gauche, qui a augmentée au fur et à mesure de l’exercice et qui ne m’a pas encore totalement quittée à cette heure-ci. Je suis heureuse et fière d’avoir été au bout. Je retardai le moment ou j’allais réaliser l’exercice, ça y est, c’est fait Smile

Bravo à tous !! ♥

Orlane Tabary

Messages : 23
Date d'inscription : 08/01/2020
Age : 27
Localisation : Verrières en Anjou

Revenir en haut Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Re: Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Sandrine Haessig le Dim 19 Jan - 10:23

Waouh Orlane, j'ai été complètement transportée dans ton souvenir et ai pu ressentir toute la détresse de cette petite fille. Je pense que tout comme moi, tu es ressortie de cet exercice avec la sensation d'y avoir mis de la douceur, comme du baume sur ton cœur pour atténuer cette blessure. Me trompe-je?
Sandrine Haessig
Sandrine Haessig

Messages : 52
Date d'inscription : 09/01/2020
Age : 52
Localisation : Alsace

Revenir en haut Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Re: Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Orlane Tabary le Lun 20 Jan - 2:08

Tu ne trompe pas Sandrine, c'est tout à fait ça. En vous partageant se souvenir j'ai pu extérioriser, poser des mots là ou je ne pensais pas en avoir besoin... Ton message me fait chaud au cœur, merci ♥

Orlane Tabary

Messages : 23
Date d'inscription : 08/01/2020
Age : 27
Localisation : Verrières en Anjou

Revenir en haut Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Re: Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Admin le Mar 21 Jan - 0:13

Bonsoir Orlane, et merci pour le partage de ce souvenir parfaitement réalisé. On peut tout à fait vous situer dans le lieu, il ne manque pas de détails sensoriels et émotionnels pour se mettre dans la peau de cette petite fille. Si je pouvais ajouter quelque chose, c'est qu'il manquerait juste la description de la petite fille et de la maîtresse mais cela reste un détail car vous avez très bien mené ce souvenir.
Très bien, continuez en ce sens. Very Happy
Admin
Admin
Admin

Messages : 1158
Date d'inscription : 15/01/2017
Age : 47

http://com-animale.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Re: Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Orlane Tabary le Mar 21 Jan - 5:11

Bonjour Karine, merci beaucoup ! Concernant la description de la petite fille, je n'y ai absolument pas pensé... Pour la maîtresse, j'ai essayé mais aucun autre souvenir à part cette jupe et ce chemisier qu'elle portait ne m'est revenu Neutral  . Merci encore Smile Excellente journée sunny

Orlane Tabary

Messages : 23
Date d'inscription : 08/01/2020
Age : 27
Localisation : Verrières en Anjou

Revenir en haut Aller en bas

Exercice souvenir d'école - Leçon n°2 Empty Re: Exercice souvenir d'école - Leçon n°2

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum