Ecole de la communication animale
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l'école et les autres

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Message par Céline Bérard le Sam 18 Jan - 19:28

Aujourd'hui, c'est lundi, jour d'école. La voix de mon père me réveille. Il faut se préparer rapidement, pas de temps à perdre. Dès le lever, on se dépêche. Mon père est toujours pressé et moi ... oppressée. On n'a pas le temps d'être, il faut toujours courir.
Mon père me dépose à l'école. Traverser la cour est une épreuve. Je suis dans une grande école, on est très nombreux et je suis mal à l'aise au milieu des autres. Je parcours le trajet jusqu'au préau en gardant les yeux baissés. J'espère que personne ne me remarquera et surtout que personne ne m'adressera la parole. Rien que de penser que je devrais parler avec un autre enfant provoque des sueurs froides. Mon cœur s’accélère, ma bouche est sèche, c'est la panique.
J'arrive enfin au préau, havre de paix. Il est habituellement vide et seule, je peux être moi-même. J'observe, j'écoute, j'analyse. Et le constat est toujours le même : je suis très différente des autres. Si différente que je suis incapable de rentrer en lien avec mes semblables.
Ça sonne ! C'est l'heure de la classe. Je suis enfin dans mon élément. Je suis enthousiaste à l'idée d'apprendre et de comprendre. Je voudrais tout savoir, je voudrais tout connaître. Je sens que les regards des autres enfants, dans mon dos, ne sont pas toujours bienveillants. Ils sont même parfois totalement agressifs. Quand je sors de ma bulle et que je prends conscience des autres, je suis constamment sidérée par leurs réactions. Je ne les comprends pas. J'ai la sensation profondément angoissante d'être la seule à voir le monde et les gens tels qu'ils sont.
A l'école, la seule personne qui me semble digne de confiance, c'est le professeur. Il est tolérant, bienveillant, d'humeur égale. On sait toujours à quoi s'attendre avec lui et ses réactions ne me déroutent jamais.
Puis c'est l'heure de la récréation. Le sentiment d'isolement recommence. Je n'en souffre pas pour autant mais je ne comprends pas pourquoi personne ne me ressemble. Je regarde les autres courir et jouer au ballon. Ils ont l'air d'aimer se défouler. Étrange passe-temps. J'entends les garçons crier de toutes leurs forces. Je trouve ça très désagréable, je déteste le bruit et encore plus les manifestations de domination.
Des camarades de classe tentent gentiment de m'intégrer à leur jeu. Je ne connais pas les règles, je ne sais pas quoi faire, je préférerais être ailleurs. Très vite, les fillettes se lassent de ma présence et font comme si je n'étais pas là. Je suis plantée là, au milieu du groupe, espérant au fond de mon cœur pouvoir disparaître par la seule force de ma volonté.
Heureusement, le calvaire prend fin et on retourne dans l'environnement rassurant de la salle de classe. Je suis à nouveau dans mon élément. Le papier satiné de mon cahier glisse sous mes doigts. Cette sensation m'a toujours enchantée comme le frottement léger du stylo sur le papier. Je pourrais écrire pendant des heures, c'est un vrai plaisir. Dans mon univers, il n'y a que des cahiers, des stylos, des livres et la voix rassurante du maître qui donne des explications. Ce monde-là est simple, sans danger, sans surprise. J'y suis bien et je voudrais rester derrière mon bureau d'école toute la vie.

Aujourd'hui, quand je me remémore ce que c'était que d'être à l'école, c'est ce sentiment de malaise qui revient, avant les souvenirs précis, qui sont rares, comme enveloppés dans une sorte de brouillard. Avec mon recul d'adulte, je comprends pourquoi je me sentais si différente, si seule, si "en dehors" du groupe. Mais enfant, tout cela était incompréhensible et très douloureux. Les choses n'ont pas changé et je suis toujours aussi mal à l'aise au milieu des autres mais j'ai appris les codes sociaux qui me permettent de m'intégrer. Ce que je ressens dans mon cœur, finalement, après cet exercice, c'est la reconnaissance d'avoir pu évoluer et m'adapter, la joie d'avoir compris qui j'étais et de l'accepter et la sérénité face à ce passé compliqué qui a forgé qui je suis.
Céline Bérard
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Message par Admin le Lun 20 Jan - 21:39

Bonsoir Céline et merci pour le partage de ton souvenir. C'est très bien concernant les éléments sensoriels et émotionnels, on arrive à te voir désemparée au milieu des autres, de voir le préau mais comme c'est une situation qui parait générale à ton quotidien, j'ai dû mal à avoir un visuel sur une scène précise car il me manque des descriptions de la classe par exemple ou de la cour. Si je dois visualiser ce souvenir, je t'imaginerai petite car je n'ai pas de description te concernant et je verrai défiler tout autour de toi le reste des éléments que tu as décrit mais il n'y aurait pas de début ni de fin à ce souvenir, je ne sais pas si je suis très claire. Nous en reparlerons au webinaire si tu ne comprends pas ce que j'essaie d'exprimer.
Sinon, il y a plein de sens et d'émotions, et ça c'est très bien Smile
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