Exercice n°4

Aller en bas

Exercice n°4 Empty Exercice n°4

Message par Pat Ben le Jeu 21 Fév - 8:49

Leçon 4 Exercice

Au pied des escaliers en briques, je ne ressens pas spécialement d’attirance pour cette maison. Elle ne m’appelle pas et j’aurai plutôt tendance à passer mon chemin, mais puisqu’il faut y aller, je monte les quatre marches, franchis le patio, où je sens une attente morne et paisible de la mort, comme une traversée sans vie du temps en observateur extérieur. « La vie n’est pas pour moi », pourrait exprimer la personne assise sur le patio.
J’ouvre la porte. Je suis assaillit de vieilles mémoires qui ne demandent qu’à être libérées. Mais je ne suis pas venu pour cela. L’objectif est la simple description sensitive et émotionnelle du lieu. Les mémoires reprennent place, un peu déçues. Je leur dis qu’elles seront libérées un jour prochain mais que j’ai besoin d’elle pour l’exercice. Sans entrain, elles restent curieuses.
A ma gauche, une porte en bois, peinte en blanc cassé et à la surface écaillée. Derrière s’y cache les wc, ou plutôt une petite salle de bain avec des wc car il y a aussi dans la pièce une petite baignoire douche, à gauche et un lavabo avec un placard mural en face, le wc étant à droite. Ce n’est pas spécialement propre, pas sale non plus. Ça l’eut été mais le manque d’entretien depuis un certain temps rende le lieu peu plaisant, vieillot avec une odeur stagnante mais pas prégnante. Ça manque d’air pure. La petite baignoire comme les toilettes et le lavabo sont jaunis par le vieux calcaire incruster. Sur les murs, blanc jaunis des écailles de peintures brillantes se décollent des cloisons.
Le couloir, avec ses plinthes rouge bordeaux, ne demande pas à ce qu’on s’y attarde. J’ai envie de traverser vite pour atteindre la porte du fond, rouge bordeaux elle aussi, au qui donne sur une pièce qui s’avère être la cuisine. Sur la gauche du couloir, deux autres portes attenantes, rouge elle aussi, mène au salon pour la première et à la salle à manger pour la deuxième. En face de la porte du salon, un escalier en bois monte à l’étage et une petite porte doit mener à la cave. Elle n’invite pas à l’ouvrir tant les mémoires qui sont derrières paraissent lourdes et dramatiques, porteuses de lourdes souffrances : tortures, sang, cris, désespérances, sévices sexuelles, haines énormes.
Je continue jusqu’à la porte de la cuisine que j’ouvre. Devant moi, une table rectangulaire blanc cassé avec six chaises simples en bois peint. Une porte à gauche donne sur la salle à manger. A droite, un plan de travail en L en bois recouvert d’une sorte de lino vieilli et peu ragoutant et un évier rectangulaire en céramique blanche craquelée. Des placards, sous le plan de travail et aussi en hauteur accrochés au mur. Au bout du plan de travail, un vieux frigidaire à la peinture usée par l’eau de javel. Cette pièce devait être le centre de vie de la maison. Je dis devais car je ressens que cette maison n’est plus habité, soit que son propriétaire et habitant est mort, soit qu’il a du partir pour aller dans une maison de repos pour personnes âgées. C’est plutôt cette deuxième solution qui apparaît et c’est une femme plutôt joyeuse mais usée par les épreuves de la vie, qui ont été très éprouvante et dramatique. Mais elle en a tiré une force de vie et un optimisme énorme.
Pès du frigidaire, une petite porte vitrée et rouge bordeaux elle aussi, mène à une véranda conviviale et reposante qui offre une vue sur un petit jardin coquet mais laisser libre et sauvage depuis quelques années. Un pommier, quelques rosiers et un tilleul au fond sont les derniers témoins d’une époque où le jardin montrait la bonne tenue de la maison et de ses habitants. Je fais une pause dans la véranda assis dans un fauteuil en osier avec un vieux coussin taché pour assise.
Ce jardin et cette maison ont connu le bonheur, beaucoup de bonheur, avec des enfants qui jouent, des amis qui passent, un air de fête au quotidien jusqu’à ce que les enfants s’éloigne vers leur vie respective et surtout, que le départ accidentel et prématuré du mari, bloque la vie à ce jour dramatique et laisse ce bonheur sous cloche, plus de sens à la vie sauf ce bonheur et cet amour passés, plus de vie, plus de projet… L’attente simple et banale d’une fin prochaine mais non-désiré, avec des bons moments qui ne peuvent plus être partagés.
Je reprends mon exploration en revenant dans la cuisine où je remarque un verre retourné dans l’évier. J’entre dans la salle à manger. Poussiéreuse, odeur de tissus éprouvé, meubles manufacturés aux sculpture plus compliqué que joli. Une table, six chaises, un buffet de la même facture. Sur le buffet, un napperon une lampe à pied en faïence bleu et blanche à l’abat-jour bordeaux, un vase et une coupe de fruit en faïence elle-aussi. Dans un coin, une table roulante avec des bouteilles d‘apéritif dessus. Au sol, un tapie rouge bordeaux montre des motifs noirs représentant des animaux.
Tout cela n’a pas été aéré, vivifier depuis bien longtemps. La femme ne devait pas venir beaucoup ici. Trop de souvenirs qui étaient source de nostalgie. Trop de préséance pour s’y sentir bien.
Sur la gauche, vers la rue que l’on aperçoit à travers la fenêtre, une cloison ouvert en double mène au salon, fauteuil en bois avec des assises moelleuse en tissus inspiré d’une composition florale., un canapé de même facture, une table basse assortie, en bois doré et verni, une bibliothèque avec quelques livres décoratif en simili cuir qui n’ont du être jamais ouvert. Cette pièce paraît exceptionnellement occupé. Seulement pour les grandes occasions.
Je sors du salon avec beaucoup de tristesse d’une vie trop courte et trop mal vécu, où les moments exceptionnels étaient rare, entièrement dévouée à cette famille qui a disparue. « Qu’ai-je fait pour moi ? » serait la phrase résumée.
Je monte l’escalier. Les marches en bois brut mais ciré se tiennent encore bien et ne grince pas. Sur le mur, quelques portraits d’enfants jouant ou posant à l’école, d’un couple, beau et souriant, d’un homme dans la force de l’âge et visiblement heureux, en tout cas avec un sourire qui ne cache rien. En face de l’escalier, un porte ouvre sur ce qui devait être la chambre parentale : papier à fleur sur les murs, armoire en bois sculpté et verni, lit double avec une tête reprenant les sculpture de l’armoire. Du lit, on voit les branches d’un arbre. Un air de campagne à la ville
Attenant à la chambre et à gauche de l’escalier, la salle de bain offre une grande baignoire, des toilettes, un lavabo et une petite armoire blanc cassé. Comme dans la cuisine et l’entrée, les couleurs sont le bordeaux et le blanc cassé.
A droite de l’escalier, deux portes mènent chacune à des chambres d’enfant dont les fenêtres donnent sur le jardin. L’une me paraît plus féminine avec trois poupées dont une magnifique en porcelaine et des livres, de romans. L’autre paraît plus masculine. Des livres aussi mais de photos représentant des voitures et des motos et une maquette de voiture en bois sur une étagère murale. Adossé au mur, je visualise de long moment de rêves et d’imagination d’aventures, de découvertes fantastiques et de jeux sans fin interrompu par un « à table » salvateur. Je ressens vraiment le bonheur de cette famille simple et sans problème, aimant la vie et les rapports simples.
Redescendu au rez-de-chaussée, je me poste devant la porte de la cave. J’ouvre ou n’ouvre pas ? Allez j’ouvre malgré le nœuds dans le ventre. Mon instinct m’annonce un moment pénible. Bien sûr, rien n’a bouger depuis le départ du mari : outils domestiques consciencieusement rangés, boite contenant des vis et des clous, des meubles entreposés, quelques bouteilles de vin, des cartons. Je m’assied sur une chaise poussiéreuse et essaye de sentir « avant », « avant eux ».
Je ressens la misère, pas la misère matérielle, mais celle de l’exclusion, une exclusion violente et sans espoir. L’exclusion de la différence. Avant cette famille, les habitants étaient noirs. Et ça ne plaisait pas dans ce quartier de classe moyenne et blanc exclusivement. Une famille noie ici, même avec de l’argent, ce n’était pas concevable. Alors, rien n’était assez monstrueux pour leur faire comprendre que leur place n’était pas là. Jusqu’à l’indicible bêtise humaine. Le meurtre à petit feu et sanguinolent de toute la famille un soir de beuverie ridicule et exagérée, par des voisins bornés dans leur malheur de n’avoir jamais été vu et qui n’ont réussi à montrer que leur horreur intérieure. Difficile de décrire ces images d’horreur.
Avant, la famille blanche qui a fait construire la maison y voyait l’atteinte de l’objectif de leur vie : du labeur, de la fierté et puis le malheur qui oblige à déménager loin. Un enfant mort mais pas le leur. La petite fille des voisins que les garçons de la maison n’ont pas respecté. Un drame.
Avant, c’était les champs, la nature sauvage avec des animaux, loin des humains. Peut-être un champ de bataille. Il y a des traces de violences mais sans morts.
J’ai le ventre noué, la nausée. J’arrête et vais prendre l’air.

Pat Ben

Messages : 11
Date d'inscription : 20/01/2019

Revenir en haut Aller en bas

Exercice n°4 Empty Re: Exercice n°4

Message par Admin le Ven 22 Fév - 13:13

Je te remercie Patrick pour le partage de tes ressentis, voici ce que je peux te valider en lien avec ce que je connais de cette maison :

un escalier en bois monte à l’étage et une petite porte doit mener à la cave. Elle n’invite pas à l’ouvrir tant les mémoires qui sont derrières paraissent lourdes et dramatiques, porteuses de lourdes souffrances : tortures, sang, cris, désespérances, sévices sexuelles, haines énormes.

Très bons ressentis sur ce passage Very Happy

Pour le reste, il y a beaucoup de description et comme je l'ai dit à certains, nous pourrons vérifier lors des connexions avec les animaux pour les lieux vérifiables si ta capacité à ressentir la description est bien là ou si c'est ton imagination qui s'est invitée.

Et pour les autres ressentis perçus, comme je ne connais pas toute l'histoire de ce lieu, je ne peux pas les valider par méconnaissance.

Admin
Admin
Admin

Messages : 858
Date d'inscription : 15/01/2017
Age : 46

http://com-animale.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum