Exercice n°2

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Exercice n°2

Message par a.roque le Mar 7 Fév - 9:32

Je revois la cour de récréation vide. Cette cour immense, faite de bitume, cernée par de grands murs d’ardoises et d’arbres. Je revois bien ces grands arbres, des tilleuls il me semble, en dessous desquels on allait chercher la fraîcheur des pierres en été. Cependant, nous sommes au printemps, il fait beau, le soleil pointe le bout de son nez. Nous nous trouvons derrière la cantine, au niveau du jardin du collège. Je dois avoir 11 ans et nous sommes en cours de sciences, ma matière préférée !

Je revois notre professeur, une dame ayant la cinquantaine, assez sèche de premier abord, aux cheveux carrés. Je m’imagine lui toucher les cheveux, j’ai la sensation de « rêche » qui me vient. Elle nous a emmené là pour nous parler de la végétation qui s’y trouve et de comment les animaux passent l’hiver. Elle nous fait nous assoir dans l’herbe. J’adore m’assoir dans l’herbe, sentir chaque brin chatouiller mes mains tendues vers l’arrière de mon corps pendant que je suis assise en tailleur. La terre est fraiche, mais le trottoir de béton bordant le carré d’herbe l’est moins avec ce soleil. Elle nous parle de lichen, de mousse, nous fait passer des échantillons. Je les touche… La différence de sensation entre les deux est marquante : l’un sec et râpeux, l’autre humide et doux. Je plonge d’ailleurs mon nez dans la mousse et je sens l’odeur de l’humidité et de la terre mouillée, la même odeur que les jours de pluie. Je me sens dans mon élément, je suis complètement captivée par tout ce qu’elle nous dit. Je bois ses paroles, toujours avide d’en savoir plus sur la nature. Je sens que mon cœur s’emballe tellement j’ai envie d’apprendre et je me sens très agacée de voir que certains n’écoute pas : comment ne peuvent-ils pas être intéressés ? De me sentir agacée me pèse sur l’estomac, mais je retombe vite dans l’euphorie lorsqu’elle nous montre les hêtres du jardin. Des arbres si facilement reconnaissable grâce à leur écorce. Celle-ci est souvent comme éclatée sur eux. Je la touche, c’est sec, cassant, ça s’effrite sous mes doigts, ça parait fragile et ça me fait penser à ma peau qui pêle après un coup de soleil ! J’ai l’impression que ça rend l’arbre fragile, alors que pourtant c’est loin d’être le cas. De connaitre un nouveau nom d’arbre me fait plaisir, je sais que je n’aurais pas besoin d’apprendre la leçon car tout ce qui est dit est gravé dans mon cerveau à la seconde où je l’entends. C’est ça d’adorer la nature je crois, d’en être fasciné. La moindre information devient cruciale et inestimable. J’ai les sourcils froncés, totalement concentré sur ce que le prof raconte.

Elle nous parle des coccinelles et comment celles-ci se cachent sous les cailloux pour se protéger de l’hiver. Elles s’y regroupent pour se tenir chaud, elles sont des dizaines. Elle nous montre d’ailleurs une pierre pleine de coccinelles. Interdiction d’y toucher mais je meurs d’envie de le faire, de les observer. Elles sont si petites. Toutes ensemble comme ça, elles me font penser à du papier bulle. Celui qu’on adore éclater avec les doigts pour se déstresser. On a une certaine satisfaction en nous quand on perce ces bulles. Je n’avais pas du tout envie de leur faire de mal pour autant, loin de là ! Mais je me suis quand même mis en retrait du groupe qui avançait pour pouvoir en toucher quelques unes… Leur carapace est si dure pour des êtres si petit ! Cela me fait penser à de la toile cirée. Évidemment, je n’ai pas évité le fameux pipi orange des coccinelles, que je me suis empressée de sentir pour savoir si c’était vraiment du pipi. Comme si je connaissais l’odeur de l’urine de coccinelle… L’odeur n’est pas très forte, mais pas forcément très agréable. J’essuie donc ma main dans l’herbe fraîche, et cours rejoindre le groupe avant de me faire attraper. Je ne voulais pas non plus manquer les explications de la prof ! Je suis bien, je suis dans ma bulle, dans mon élément. Je me sens détendue, entourée de belles choses. D’ailleurs les autres élèves sont très peu présents dans ce souvenir. C’est comme s’il n’y avait que moi et la prof. Je sens ma poitrine, mon cœur qui se remplit à l’idée de me dire : j’aime la nature. La sensation d’avoir le torse gonflé d’amour pour cette Terre, ces plantes, ces animaux. D’avoir de la gratitude pour tout ça et d’avoir envie de prendre soin d’eux. Je me sens bien.

a.roque

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Re: Exercice n°2

Message par Admin le Mer 8 Fév - 23:17

Merci Angélique pour ce récit très frais, très nature, qu'on se sent totalement revigoré à la fin de cette lecture. Pour moi, l'exercice est totalement réussi en terme de description, de sens et d'émotion même si elle y est légère, fine, à peine palpable. On arrive sans peine à se plonger dans ce souvenir avec toi et la dernière phrase nous montre que tu as réussi pleinement à rentrer à nouveau dans ce rôle de petite fille.
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