Résultat de l'exercice 2

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Résultat de l'exercice 2

Message par Laure C. le Jeu 24 Jan - 17:26

Je replonge dans mon enfance, je suis à école primaire…

J’étais fière de mon école. C’était une grande école de ville.
J ’y avais alors accès à des tas d’activités, sportives, culturelles et j’aimais beaucoup ça.
Le Directeur qui était très à cheval sur les règles, nous effrayait tous avec sa voix grave et son air sévère. Surtout lorsque nous arrivions en retard le matin et qu’il nous fallait passer par son bureau pour s’excuser !
Pourtant, il y régnait une certaine bienveillance et quelque chose de doux et de rassurant. C’était une école vivante.
C’était un grand bâtiment aux murs roses, pas très haut, mais tout en long, avec ses interminables couloirs longés de porte-manteaux. Il y avait deux grandes cours. L’une pour les « grands » et l’autre pour les « petits ». J’y entends la sonnerie qui annonçait la récréation et les enfants rire et crier dans la cour. Certains jouent aux billes quand d’autres sautent à l’élastique. C’est une école qui sentait bon la colle Cléopâtre et les polycopiés que les maîtresses réalisaient au fond de la classe lorsque nous étions concentrés sur nos exercices.

Chaque semaine, nous pouvions nous échapper de la salle de classe pour nous rendre dans un autre bâtiment situé au fond de la cour, pour assister à un cours de musique.
Pour nous y rendre il fallait passer sous un arbre magnifique (dont j’avais oublié l’existence jusqu’à ce moment précis de l’exercice !). Il était immense et majestueux. Que de jeux, de confidences et de rondes réalisées dans son aura protectrice !
Nous passions une porte, empruntions un couloir et à droite s’ouvrait une grande pièce avec estrade dans laquelle nous pratiquions, la rythmique, le chant, la flûte, le maniement du triangle ou des maracas !

Ce jour là, il faisait sombre dans la classe de musique. Peut-être étions nous plusieurs classes réunies, car je me souvient que nous étions nombreux, tous positionnés les uns à côtés des autres en demi-cercle, un peu serrés les uns contre les autres.
Ce jour là, nous devions travailler le chant.
Le chant c’était mon truc ! J’adorais chanter.
Et ce jour là, et bien cela a été un peu ma journée à moi !
La professeure nous a proposé de chanter un morceau intitulé « Ils étaient trois garçons ».
C’est une chanson que je connaissait bien puisque ma mère me l’avait apprise et qu’elle faisait partie de notre répertoire lorsque nous voyagions en voiture ( et oui, à cette époque le poste radio n’existant pas, nous chantions pour passer le temps !).
Étant la seule à la connaître, j’ai été invitée à monter sur l’estrade et à interpréter ce moreau dans son intégralité, devant tous les élèves présents dans la salle, seule et à capela !

Au moment où je relate cet instant, je peux sentir des frissons parcourant mon corps, mélange d’appréhension et de jubilation, ainsi que les premières notes qui s’échappent de ma gorge, comme une libération, ma voix !
Une belle voix d’enfant, pure et cristalline, juste et puissante.
Elle me transporte et les frissons parcourent l’ensemble de mon corps comme une vague, je suis rivée, branchée à la terre et tout mon être vibre.
Je vois les regards surpris et envieux de mes camarades, ainsi que ceux de l’adulte qui me fait face.

C’est un mélange de fierté, de revanche et de mélancolie qui m’assaillent.
De fierté car pour une fois, j’ai le sentiment de compter. Je vois dans les regards que ce qui se passe, n’est pas banal ! Je ne suis plus la petite fille aux résultats moyens, qui porte les cheveux courts et qu’on moque parce qu’elle est un peu ronde. Je ne suis plus la petite fille trop grande et trop mature pour son âge qui a du mal à trouver sa place. Je ne suis plus la petites fille qui joue le garçon manqué, car il est plus facile de se mesurer aux garçons que d’essayer de leur plaire.

De revanche, car j’ai mouché tous ceux qui ne me voyaient pas. J’ai réussi là ou d’autres étaient incapables de chanter juste, quelque chose de beau est sorti de moi…

De mélancolie et de tristesse car ce chant est chargé d’émotion.
Ma gorge se ressert et une douleur sourde remonte du fond de mon coeur.
Que cette chanson est triste ! Je ressens tout le poids des mots que je chante.
Parce que cela fait écho en moi, écho peut-être à ma propre tristesse...
Parce que j’ai 8 ou peut-être 9 ans, que mes parents divorcent, que c’est une déchirure. J’y perds mon unité et cela ne sera jamais plus comme avant.
Parce que cette chanson, c’est ma mère qui me l’a apprise.
Une mère que j’idéalise alors, qui me manque. Oui, elle me manque tout le temps. Parce qu’elle est trop occupée par son travail, parce que je guette par la fenêtre des heures durant l’arrivée de sa voiture dans la rue.
Parce que lorsque nous chantons ma mère et moi, elle et moi, nous partageons un vrai moment de pleine présence l’une à l’autre…

Que de larmes et d’émotions qui resurgissent dans l’ici et maintenant…
Karine, tu parles dans la deuxième leçon, des différentes formes du sentiment d’abandon. Je viens , je crois, d’en expérimenter l’une des facettes...

Ce jour là, j’ai chanté, c’était beau. Je suis redescendue de l’estrade, j’ai savouré l’instant et j’ai pleinement reçu tous les compliments qui m’ont été offerts.

Je pensais, pour cet exercice, avoir choisi un moment de joie…

Voilà qui est intéressant !

Laure C.

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Re: Résultat de l'exercice 2

Message par Admin le Lun 28 Jan - 17:08

Cet exercice est parfait Laure, tous les ingrédients sont présents pour nous permettre de revivre avec toi ce souvenir de ton passé.

Très très bien Very Happy
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